La drogue fait des ravages en Algérie. Les statistiques donnent froid au dos : quelques 300.000 Algériens âges entre 12 à 35 ans en consomment, selon une enquête nationale, a révélé Abdelmalek Sayeh, directeur général de l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONCLDT).
Il a divulgué ces chiffres lors d’une conférence sur « les effets économiques et sociaux de la drogue ». Les consommateurs sont en grande majorité de sexe masculin (95%). Mais les femmes n’échappent pas au phénomène puisque 5% d’entre elles en consomment.
La consommation de la drogue prend de l’ampleur. Elle a débordé des grandes villes du pays pour s’élargir aux zones rurales et aux régions du sud de l’Algérie. Le phénomène s’est infiltré dans les établissements scolaires, les universités et les cités universitaires.
« La drogue est un des facteurs d’augmentation de la criminalité, de la violence dans les stades, des accidents de la route et des accidents du travail » en Algérie, selon M. Sayeh.
D’un pays de transit, l’Algérie est devenue ces dernières années un pays consommateur de drogue, en particulier le cannabis et les psychotropes.
Au cours du premier trimestre 2010, plus de onze tonnes de cannabis ont été saisies en Algérie par les services de la lutte contre le trafic de drogue.
En 2009, les mêmes services ont saisi 74 tonnes de cannabis, contre 38 tonnes en 2008, selon l’ONLCDT.
On ne dispose d’aucune statistique, ne serait-ce qu’approximative, sur la quantité de drogue « déversée » sur le marché.
L’Algérie comptait 35,6 millions d’habitants au 1er janvier 2010, dont plus de 28% avaient moins de 15 ans et 75% environ de moins de 30 ans.